Une occasion de s’humaniser et de se responsabiliser

Une philosophie ? Cette coopération en a certainement une et je vous assure, elle est belle, simple mais prétentieuse : le savoir peut et doit rapprocher les peuples, les cultures et les hommes tout en contribuant à l’avènement d’un monde plus égalitaire et plus juste. La jeunesse estudiantine haïtienne, frange meurtrie d’une société  sans véritable politique universitaire, est sollicitée dans le cadre de cette coopération pour être l’actrice principale de ce renouveau. Elle est, en effet, invitée  non seulement à se réaliser mais aussi à s’humaniser et à se responsabiliser dans l’optique de ses énormes devoirs sociaux futurs.

Grenoble-Bastille
Grenoble-Bastille

Malgré un regrettable « trou noir » dans son histoire, la coopération entre les Facultés de droit de Grenoble, de Port-au-Prince et de Savoie est désormais relancée. Sous la double coordination de l’infatigable M. Yves LASSARD (Maître de conférences à la Faculté de Droit de Grenoble) et de M. Camille ÉDOUARD Jr (ancien pensionnaire de la coopération, actuellement enseignant à l’Université d’État d’Haïti), cette coopération retrouve, fort heureusement, ces dernières années une certaine fraîcheur. L’envoi régulier d’ouvrages collectés en France vers des bibliothèques haïtiennes et l’admission  annuelle de plusieurs étudiants haïtiens dans différents masters spécialisés témoignent de cette volonté d’aller de l’avant.

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La coopération ne finance pas des étudiants et a surtout vocation à accueillir des boursiers désirant intégrer une deuxième année de maîtrise à Grenoble sans toutefois fermer la porte à d’éventuels candidats disposant de ressources privées suffisantes pour étudier dans des conditions acceptables. Elle est, par ailleurs, en mesure de faciliter l’admission dans certaines spécialités et offre un  encadrement sur place à l’étudiant en vue de lui permettre de faire face au triple choc climatique, académique et culturel qu’il ne manquera pas de subir lors de son séjour français. À la fois bénéficiaire et acteur à part entière de la coopération, l’étudiant a un devoir d’excellence et une obligation  d’une part, de se solidariser avec ses autres collègues haïtiens et d’autre part, de s’ouvrir à d’éventuels aspirants qui souhaitent s’informer des conditions d’admission, de financement et d’installation. De cette double responsabilité morale de l’étudiant dépend en grande partie la survie de cette louable initiative supportée par une poignée de personnalités haïtianophiles de la communauté universitaire de Grenoble.

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Pour avoir moi-même vécu cette coopération à visage humain, je le répète et le confirme : l’idée est  d’ériger un transparent couloir  susceptible d’occasionner d’intenses échanges à la fois humains, culturels et intellectuels entre francophones. L’objectif suprême, tout aussi noble et lisible, n’est autre que KORE AYITI

Marc-Alain DUROSEAU  (Professeur à l’Université d’État d’Haïti)

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